AU VU DES ACQUIS OBTENUS CONTRE LE VIH/SIDA AU SÉNÉGAL
L’ANCS invitée à garder son identité communautaire
Au vu des acquis obtenus en matière de lutte contre le Vih/Sida au Sénégal dont elle peut être fière, l’Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS) est invitée à davantage garder son identité communautaire pour faire d’elle une société civile plus solide et plus engagée dans l’action sanitaire au Sénégal et en Afrique.
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| Plus de 1300 Sénégalais consomment de la drogue par injection, ce qui représente un gros d'infection au Vih/Sida. Source: ONUDC |
Jusqu’en 2000, choper le virus du Sida sonnait comme une condamnation à mort. Plus maintenant et cela ; grâce à d’énormes efforts fournis par le gouvernement d’un côté et la société civile de l’autre. La détection des cas positifs, et leur mise sous traitements antirétroviraux ont permis au Sénégal de revoir à la baisse sa prévalence dans la population générale qui est passée de 0,7% en 2010 à 0,5% de nos jours. «Le Sida est en train de reculer au Sénégal et aujourd’hui toutes les stratégies que nous devons mener sont en train d’être développées. Les médicaments existent, de même que les tests de dépistage dans tous les centres de santé et hôpitaux. Mieux, le dépistage est même au niveau communautaire à travers des stratégies avancées, démédicalisées. (…) Si le Sénégal est cité en exemple, c’est parce que les organisations communautaires ont su faire la différence», a déclaré Dr Safiétou Thiam, Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), prenant part samedi à Dakar à la11èmeAssemblée générale ordinaire del’Alliance nationale des communautés pour santé (ANCS).
Mais cet exploit, dont peut se targuerl’ANCS, chef de fil des associations de la société civile engagées dans le combat contre le Vih/Sida au Sénégal, ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Le Vih/Sida est encore imposant dans certaines catégories socioprofessionnelles. Notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleuses du sexe, les utilisateurs de drogues injectables etc, appelés groupes vulnérables par rapport à la maladie ou populations clés. Pendant ce temps, les données statistiques sur les nouvelles infections au Vih sont alarmantes. Selon le professeur Cheikh Tidiane Ndour, chef de la Division de lutte contre le Sida, 32% des nouveaux cas de Vih testés positifs concernent les jeunes de 15 à 25 ans ; tandis que deux tiers (2/3) des nouvelles infections sont notées chez les moins de 24. Par ailleurs, 3 Sénégalais infectés sur 10 ignorent encore qu’ils vivent avec le virus du sida, faute de se faire dépister. Au même moment, 7 enfants sur 10 sont dans cette situation, fait savoir Pr Ndour.
Or, le Sénégal, à l’instar de la communauté internationale, a fait le pari d’éliminer le sida en 2030. Le défi est grand, et le délai court. «Nous pensons que pouraller au-delà de ce que nous faisons, il faudrait une plus grande mobilisation communautaire. Nous organisation gouvernementale, nous avons des règles institutionnelles qui ne nous permettent pas d’aller partout, d’atteindre toute sorte de populations, mais la société civile, elle, est plus libre. C’est pour cela que, dans cette innovation, la société civile ne doit pas perdre son identité communautaire. Elle ne doit pas forcément suivre les mêmes règles que les organisations du gouvernement. C’est vrai qu’il faut mettre de l’éthique, qu’il faut encadrer, mais la société a une valeur ajoutée immense, pourvu qu’elle garde son identité communautaire pour pouvoir aller au-delà des organisations gouvernementales. Cela fera que nous serons en complémentarité pour atteindre les résultats», a suggéré Dr Thiam.
Une suggestion bien accueillie par Abdoulaye Aziz Anne du bureau du Conseil d’administration de l’ANCS. Il a annoncé dans ce sens que c’est dans les régions du Sud du pays, plus touchées, que les interventions seront davantage axées ce, en déterminant les populations les plus touchées et en travaillant avec un institut de recherche. M. Anne de donner en exemple le projet PARECO dans la réduction des risques chez les consommateurs de drogues injectables déroulé à partir des résultats de recherche qui permettent à l’ANCS de mieux orienter ses actions. Le thème de cette 11èmeAG était : «Approches innovantes, communautés fortes et partenariat gagnant pour mettre fin à l’épidémie du Vih».
Abdoulaye SIDY

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