Accéder au contenu principal
RATAGE DU VACCIN CONTRE LA ROUGEOLE ET LA RUBÉOLE

Le trou de la couverture vaccinale de Touba-Mbacké

A Touba-Mbacké, les performances enregistrées dans la vaccination des enfants sont quelque peu plombées par la prise incomplète du vaccin contre la rougeole et la rubéole.

L’agglomération Touba-Mbacké est sous une couverture vaccinale jugée «assez bonne» par les autorités médicales locales. Neuf enfants sur dix sont vaccinés contre les 13 maladies infantiles visées par le Programme élargi de vaccination (Pev), en sus du nouveau vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Toutefois, cette performance risque d’être plombée à cause de la rupture notée dans l’inoculation du vaccin contre la rougeole et la rubéole. Superviseur Pev de Touba, Mamadou Sène révèle des cas d'abandons ou de perdues de vue entre la première et la seconde dose de cet antigène. «C'est là que le bât blesse. Puisqu’après la première dose, les parents ne reviennent  généralement pas par ignorance ou par négligence», regrette-t-il.  
Non loin de là, au district de Mbacké, les mères trainent le même défaut. La deuxième dose de vaccin contre la rougeole et la rubéole est jetée aux oubliettes, le programme élargi de vaccination s'étant limité pendant très longtemps à la première dose. «Bien qu'on ait dépassé l'objectif des 90% pour le RR 2 parce que nous sommes à 94%, on note que sur 100 enfants vaccinés au RR 1, 24 ne reviennent pas prendre le RR 2», se désole Dr Adama Aïdara Mbacké, médecin-chef du district de Mbacké. En plus de l'ignorance et la négligence qui frappent le commun des mamans perdues de vue avec leurs bébés, un autre facteur lié à leur mobilité explique la situation à Mbacké. «Mbacké est devenue attrayante, ce qui fait qu'il y a un mouvement de populations qui fait que parfois que la femme accouche ici et un an après elle retourne dans sa famille quelque part au Sénégal et vis versa. Il y a aussi des nomades qui viennent à Mbacké pour une saison et passent une autre ailleurs. Ce qui influe forcément sur la vaccination», explique l'autorité médicale locale.

Les mères invitées au respect du calendrier vaccinal
Devant cette situation lourde de conséquence sur la morbidité et la mortalité des enfants, le médecin-chef adjoint du district de Touba appelle les mères au respect du calendrier vaccinal des enfants précisant qu'un plaidoyer a été fait à l'endroit des autorités religieuses de la ville sainte concernant la vaccination de façon générale. La première dose d'antigène contre la rougeole et la rubéole est administrée à l'enfant à 9 mois et la seconde dose à 15 mois. Pour plus de protection, l’enfant doit obligatoirement prendre la seconde dose, quand bien même la première fait le travail nécessaire. Aucun cas de rougeole et de rubéole n'était noté jusqu’à la date d’hier dans l'agglomération Touba-Mbacké. Mais, la prise incomplète de ce vaccin par les enfants peut constituer un réel facteur de vulnérabilité en cas de réapparition de la maladie dans la zone. Le risque est à craindre d’autant que chaque année, la ville sainte abrite le grand Magal, événement religieux d’envergure internationale qui accueille plusieurs centaines de milliers de personnes en provenance de divers horizons. 

Sur les traces des perdues de vue
Pour ne pas compromettre la couverture vaccinale à Touba-Mbacké, une stratégie de communication est développée pour y remédier. «Pour rompre cette chaine de transmission, le district de Mbacké met les bouchées doubles pour atteindre les objectifs fixés, sinon même les dépassés», confie Dr Aïdara Mbacké. «Il y a un travail de routine qui se fait, parce qu'il faut tout le temps relancer les mamans et les gardiens d'enfants pour le respect du calendrier vaccinal», renchérit Dr Mbacké Sylla. Avec l'appui des partenaires que sont les relais communautaires, les deux districts suivent les traces des perdues de vue pour les retrouver et procéder au rattrapage de la vaccination des enfants avant leur cinquième anniversaire. «On a leurs contacts téléphoniques, on connait leurs adresses, on va les rechercher dans la communauté par diverses stratégies. On sensibilise celles qui viennent faire vacciner leurs enfants pour qu'à leur tour elles puissent transmettre le message à celles qui seraient gagnées par la négligence ou l'ignorance», explique Mamadou Sène. Pour les femmes qui accouchent à domicile, notre interlocuteur indique des visites à domicile (Vad) constamment effectuées auprès des populations permettent d’enrôler les nouveau-nés dans le programme national de vaccination. 
Abdoulaye SIDY






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Lutte contre la corruption et le crime organisé dans le Sahel La Déclaration de Saly  Du 24 au 27 novembre 2014, des journalistes d’investigation de 14 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, ainsi que des journalistes de l’Amérique Latine et de l’Europe, se sont réunis à Saly, au Sénégal, lors d’un atelier régional sur l’enquête et le rapportage de la corruption et le crime organisé dans le Sahel. Soutenu par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en partenariat avec l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), l'Institut Panos Afrique de l'Ouest (IPAO), le Réseau Africain de Centres d’Investigation et de Rapportage (ANCIR) et le Projet pour le rapportage du crime organisé et la corruption (OCCRP), l’atelier avait pour but de (1) sensibiliser les journalistes de la région sur les effets désastreux de la corruption et du trafic illicite sur le développement humain et la sécurité huma...

(DOSSIER ¾) Covid-19 au Sénégal : Diourbel, là où le taux de couverture vaccinale est à la traîne

La couverture vaccinale contre la maladie du coronavirus ne décolle pas à Diourbel où le taux peine à atteindre même 5%.  Toutefois, le coordinateur du Pev, Docteur Ousseynou Badiane a informé qu’un plan de relance est déjà mis en place afin de relever les défis de la couverture et de la péremption des doses de vaccins. Le passe sanitaire n’est pas exclu.  Les fake news ont porté un sacré coup à la campagne de vaccination démarrée depuis le 23 février au Sénégal. Coordonnateur du Programme élargi de vaccination (Pev), Docteur Ousseynou Badiane le reconnaît à l’instar de beaucoup de spécialistes. Rencontré au Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (Sneips), il affirme : « Depuis que nous avons débuté la vaccination, nous avons des couvertures assez faibles par rapport à notre cible. Pour la population de plus de 18 ans, nous sommes à 14% qui ont reçu au moins une dose de vaccins et un peu moins de 10% pour ceux qui sont complètement vaccinés. Ce qui...

ECO des Marchés : Plongée au cœur des richesses artisanales de Soumbédio...