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IMPACT ÉCONOMIQUE 
Le tabagisme a fait perdre au Sénégal 130 milliards F CFA en 2017 (chercheur)

«Le tabagisme a un impact sur l’économie. Ce sont les jours de maladies dues au tabac et la perte de productivité. C’est aussi le décès de personnes qui sont en âge de travailler. Pour le cas du Sénégal, nous avons estimé qu’en 2017, les pertes s’élèvent à 130 milliards F CFA», a renseigné le Pr Abdoulaye Diagne.
Le Directeur exécutif du Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) s’exprimait à l’atelier de lancement du projet de recherche-action portant sur les «réformes de la taxe sur le tabac pour promouvoir le développement économique en Afrique de l’Ouest».
A en croire M. Diagne, «ce projet vise à produire un certain nombre d’évidences qui permettent de mieux fonder les politiques axées sur la fiscalité» car, «il y a beaucoup d’obstacles à l’application de mesures fiscales vigoureuses permettant une hausse substantielle du prix du tabac qui découragerait sa consommation».
Dès lors, a-t-il préconisé, «il faut investiguer ces obstacles et voir quelles sont les mesures pouvant être prises afin que les différentes politiques retenues, notamment les deux directives de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), soient appliquées de façon efficace».

Poursuivant, le Pr Abdoulaye Diagne a fait savoir que « le tabac n’est pas du tout un produit comme les autres du fait de sa nocivité, de sa dangerosité. Actuellement, c’est le produit qui tue le plus de personnes dans le monde. Il faut cumuler les mortalités dues à plusieurs maladies pour avoir l’équivalent du nombre de personnes qui décèdent chaque année à cause du tabagisme».
En tout cas, selon une projection de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac sera, d'ici 2020, la principale cause de décès et d'incapacité sur la planète, avec plus de 10 millions de victimes par an.
Pour contrecarrer son avancée, le Docteur Hana Ross de l’Université de Cape Town (UCT, Afrique du Sud), a noté que «la taxation demeure le meilleur outil», avant de soutenir qu’«il y a des améliorations à apporter» afin qu’elle profite davantage aux Etats.
La hausse de la taxation sur le tabac va forcément se répercuter sur son coût d’acquisition. Et de l’avis du professeur Diagne, «la recherche, les faits ont montré que parmi tous les moyens de lutte contre le tabagisme, l’augmentation substantielle et continue du prix est le levier le plus efficace parce qu’à un moment donné, le consommateur est obligé de réduire sa consommation voire de l’abandonner». De son côté, Salifou Tiemtoré, le Directeur de l’Union douanière et de la fiscalité de la Cedeao a informé qu’«il y a un travail en cours pour parvenir à l’harmonisation des directives de la Cedeao et de l’Uemoa portant sur le tabac».
Il a, en outre, précisé que «la grande différence entre la directive de l’Uemoa sur les produits du tabac et celle de la Cedeao réside dans l’introduction dans le texte de la Cedeao de la possibilité offerte aux Etats d’appliquer une taxation spécifique».
Au final, M. Tiemtoré a reconnu que «la taxation seule ne suffit pas pour lutter contre le tabac». C’est pourquoi, a-t-il indiqué, «la Cedeao travaille sur l’adoption d’une nouvelle directive sur le suivi et la traçabilité des produits du tabac. Cela permet de maîtriser la circulation des produits du tabac sur l’espace communautaire et de lutter contre la fraude».
APS



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