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PARCOURS 

Pleine de vie à 46 ans, Soukeyna ou la preuve qu’on peut survivre au virus du Sida   

Photo d'illustration 

Diagnostiquée séropositive en 2005, l’aide-infirmière Soukeyna Ndiaye, 46 ans, incarne le combat contre la «stigmatisation» et la «victimisation». Depuis 14 ans déjà, elle participe à plusieurs activités pour le compte du Réseau national des associations de personnes vivant avec le VIH (RMP+) dans le but de redonner le sourire aux séropositifs du Sénégal. Joyeuse, sociable et endurante, Soukeyna Ndiaye est sollicitée de partout. Emmitouflée dans un boubou taille basse «Wax», foulard bien nouée à la tête comme une bonne Sénégalaise, la présidente de RMP+ termine son panel avant d’aller au bar prendre un café pour se réchauffer le ventre.
Sur place, la retrouve Dr Mamadou Sakho, conseiller régional de l’ONU-Sida, qui lui donne une tape amicale dans le dos avant de saluer «une dame courageuse».
«J’ai été dépistée positive du Sida en 2005 quand j’ai accouché mon septième enfant. Je l’ai su après 18 jours», a confié à APA la veuve dont le mari a été emporté par cette pathologie.
Mais ses enfants ont été tous «sauvés» après avoir effectué le test : «Cela montre que les médicaments et le traitement sont efficaces».
Servant au district de Guinguinéo, un département dans le centre du pays, l’aide-infirmière a accueilli son état de sidéenne «avec philosophie», aidée surtout par ses «notions» d’agent sanitaire.
«C’est une maladie qui peut atteindre n’importe quelle personne. Je l’ai prise de manière positive, en décidant de ne pas verser dans l’autopunition ou la victimisation. Parce que c’est Dieu qui en a décidé ainsi», a déclaré Soukeyna Ndiaye, se réfugiant derrière un sourire qui laisse découvrir ses dents nacrées par la fluorose.
Engagement et communication
Comme beaucoup de sidéens, Mme Ndiaye a aussi vécu la «discrimination» même si elle ne touche qu’à la personne qui «y prête attention». Pour sa part, elle a pris le choix de «vivre» en décidant de se «soigner».
D’emblée, elle sait que «pour vivre positivement avec cette maladie, vous devez communiquer avec les gens autour de vous. S’ils sont sensibilisés, ils ne vous rejetteront pas».
Motivée par la volonté d’éduquer ses enfants, elle décide de s’engager par ailleurs dans le mouvement associatif en présidant le RMP+, un réseau basé en banlieue dakaroise et regroupant, en dehors des personnes vivant avec la maladie, «des personnes ressources qui nous aident dans le travail».
«L’idée de la création de RMP+ est venue de personnes très engagées dans l’accompagnement et l’appui psycho-social des malades. Elles se sont dit à un certain moment pourquoi ne pas s’impliquer davantage dans la lutte contre la contamination et la prolifération du Sida au Sénégal», a-t-elle expliqué.
Le taux de prévalence du Sida au Sénégal est de 0,5%. Et les initiatives pour son élimination, en passant par des communautés comme RMP+, sont nombreuses.
Mais ces initiatives doivent se faire aussi par plus de «communication», avec «l’aide des journalistes dans la lutte contre la discrimination et pour l’humanisation du VIH Sida», a préconisé Soukeyna Ndiaye, sous le regard avisé de Dr Mamadou Sakho.
«Les personnes qui vivent l’épidémie ont besoin de protection sociale et de soutien parce que les modes de transmission du VIH font que personne n’a choisi d’être infecté», a rappelé ce dernier.

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