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GROSSESSES EN MILIEU SCOLAIRE

Les jeunes filles exposées par le manque de structures dédiées

Les manques de structures adéquates exposent des milliers de jeunes filles au risque de contracter une grossesse précoce. Les acteurs de la santé de la reproduction se battent pour introduire l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires. Aussi, plaident-ils pour la redynamisation des club d’éducations à la vie familiale (EVF) et des centres Ado, pour sensibiliser les jeunes à la reproduction.

Plus de 1200 cas de grossesses précoces ont été enregistrés au Sénégal, en 2019. Cependant, les régions du sud sont les plus touchées par cette situation. La région de Sédhiou vient en tête avec plus de 30%. Elle est suivie de la région de Kolda et de Ziguinchor. Ces dernières représentent plus de la moitié du pourcentage du territoire national.
Abdou Aziz Camara, enseignant de formation et membre de la Cosydep pointe du doigts les dysfonctionnements qui ont mené à cette situation. Il a également révélé qu’il n’y a pas assez de centre Ado dans les structures scolaires. «Nous avons visité trois communes que sont Mbao, Rufisque et Keur Massar, mais il n’y a que Rufisque-Est qui a un centre » dit-il. Et il n’y a pas de quoi se réjouir, car, toujours selon monsieur Camara, ce dernier est sous-équipé.
Ces centres, n’ont pas une politique de communication qui vont permettre aux élèves et aux enseignants d’y profiter. «Par contre, d’autres filles qui ne sont pas élèves en bénéficient » affirme l’expert en communication de Women Deliver. Pour pallier à cette situation, il suffit juste « qu’on intègre l’éducation sexuelle à l’école. On ne peut plus fermer les yeux sur ça. Il faut que la communauté accepte l’éducation sexuelle sous l’arbre à palabre » martèle Abdou Aziz Camara.
Cette introduction de l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires, se heurte à la culture, mais aussi aux stigmatisations dont sont victimes certaines filles. Et pourtant, il suffit qu’on vulgarise les circulaires portant sur les grossesses précoces à l’école, pour que les filles sensibilisées et qui tombent toutefois enceintes puissent facilement poursuivre ses études. Cette égalité des chances va permettre aux filles d’être au même pied d’égalité que les garçons.

D’un autre côté, les acteurs de la lutte contre les grossesses précoces dans les milieux scolaires semblent parfois prêcher dans le désert car ils constatent que leurs plaidoyers tardent a porter ses fruits.  « Si la communication prend autant de temps, c’est parce que nous n’avons pas encore atteint nos cibles » précise l’enseignant de formation.

Il interpelle les autorités à responsabiliser d’avantage les élèves. « Si on ne les implique pas comme acteur, on ne pourra pas avancer » dit-il en prenant comme exemple les clubs EVS qui, devaient avoir leurs propres plans d’action de sensibilisation entre élèves.



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